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Hassan Nadim:
Le Marabout Atelier Mahi Binebine
26/12/2020 - 22/01/2021

“Qui n’a rêvé de pénétrer dans le monde secret d’un atelier d’artiste, surtout quand on est soi-même un artiste ? Effet miroir, mise en abyme, l’espace de l’atelier devient une métonymie de l’œuvre se faisant… mais aussi une projection de l’imaginaire de l’artiste qui l’observe, qui tente de la saisir, de la capter.

La tentation est ancienne et nombreux y ont succombé au point que l’incursion dans un atelier d’artiste est devenue un genre à part entière dans la tradition picturale. Après le peintre, le regard du photographe s’est lui aussi immiscé dans ces coulisses de la création picturale, il en a renouvelé l’approche, nous conférant un statut de témoins uniques, privilégiés.

Mais quand ce regard extérieur est celui d’un ami et non d’un intrus et c’est le cas de Hassan Nadim avec Mahi Binebine, il résulte de cette proximité, de ce face à face, des résonnances singulières.

C’est un hasard heureux qui a conduit Hassan Nadim à l’atelier de Mahi, ce Maqqam, si bien nommé, qu’il aimante et attire tous les artistes de talent, depuis que Mohamed Mourabiti, s’y est installé, il y a près de 20 ans, sous l’ombre tutélaire de quelques oliviers centenaires, lui insufflant l’esprit d’une zaouia ouverte aux esprits éclairés et l’exigence au quotidien d’un art conquis de haute lutte sur la matière.

L’exposition retrace ce dialogue ininterrompu entre deux artistes mais aussi, en filigrane, entre tous les artistes dont le Maqqam est l’atelier emblématique. Les clichés de Hassan Nadim, sont, plus que le reflet d’une personne, d’un artiste, c’est un hommage à la création.

Hassan Nadim s’est fait « photographe d’atelier ». Ses photographies tentent inlassablement de saisir l’artiste en action. Rien de grandiloquent ou de solennel, aucune pause ni aucun artifice dans ces clichés. Un artiste en observe un autre, il se mire en lui, voilà tout. A travers ses clichés le photographe rend surtout palpable le processus de création : quelques gants, des objets, des traces à peine sur une toile et l’on comprend l’acte qui s’y joue. Dans les mains de l’artiste, ces mains sur lesquelles se concentrent l’objectif, s’esquisse l’esprit de son œuvre.”